Rémunération des maires et Adjoints : simulateur et barèmes 2026

Un maire d’une commune de 800 habitants ne touche pas la même indemnité qu’un maire à la tête d’une ville de 60 000 habitants. Le calcul repose sur un barème national indexé sur un indice de la fonction publique, et les montants changent à chaque revalorisation du point d’indice.

Avec la loi du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, les règles évoluent pour le mandat municipal 2026. Voici comment lire les barèmes, comprendre le mécanisme de calcul et vérifier ce que prévoit la loi pour les maires, adjoints et conseillers municipaux.

A découvrir également : Salaire, primes, avancement : grille indiciaire des techniciens décryptée

Indice brut 1027 : la base de calcul des indemnités de fonction

Avant de regarder un tableau de montants, il faut comprendre un chiffre-clé : l’indice brut 1027. C’est l’indice terminal de la fonction publique, et toutes les indemnités de fonction des élus locaux sont calculées en pourcentage de sa valeur mensuelle.

Au 1er janvier 2026, la valeur mensuelle brute de cet indice s’établit à 4 110,52 euros. Un maire dont le taux est fixé à 55,7 % touchera donc 55,7 % de 4 110,52 euros, soit 2 289,56 euros bruts mensuels.

A lire aussi : Faut-il encore payer pour un annuaire inversé 06 en 2026 ?

Ce mécanisme a une conséquence directe : chaque fois que le point d’indice de la fonction publique est revalorisé, les indemnités des élus suivent automatiquement. Pas besoin d’une nouvelle délibération du conseil municipal pour appliquer la hausse.

Pourquoi parler de brut et pas de net ?

Les montants affichés dans les barèmes officiels sont toujours bruts. Les indemnités de fonction supportent la CSG, la CRDS et, selon les cas, une cotisation retraite. Le net perçu par l’élu est inférieur d’environ 20 % au montant brut, selon la situation individuelle.

Adjointe au maire consultant un simulateur de rémunération sur tablette dans un couloir de mairie moderne

Barème 2026 des indemnités de fonction des maires par strate de population

Le code général des collectivités territoriales (articles L. 2123-23 et L. 2511-35) fixe un taux maximal d’indemnité pour chaque tranche de population. Voici le barème applicable au 1er janvier 2026 :

Population (habitants) Taux (% de l’IB 1027) Indemnité brute mensuelle (euros)
Moins de 500 28,1 % 1 155,06
De 500 à 999 44,3 % 1 820,96
De 1 000 à 3 499 55,7 % 2 289,56
De 3 500 à 9 999 58,3 % 2 396,44
De 10 000 à 19 999 67,6 % 2 778,71
De 20 000 à 49 999 90 % 3 699,47
De 50 000 à 99 999 110 % 4 521,58
100 000 et plus 145 % 5 960,26
Maires d’arrondissement (Marseille, Lyon) 72,5 % 2 980,13

Ces montants sont des plafonds. Le conseil municipal peut fixer une indemnité inférieure par délibération, mais jamais supérieure au taux légal.

Indemnités des adjoints au maire et enveloppe globale du conseil municipal

Les adjoints ne sont pas rémunérés sur le même barème que le maire. Leur taux maximal est plus bas et dépend aussi de la strate démographique de la commune. Vous vous demandez comment le conseil municipal répartit les montants ? C’est le principe de l’enveloppe indemnitaire.

L’enveloppe globale correspond à la somme des indemnités maximales du maire, des adjoints et, le cas échéant, des conseillers délégués. Le conseil municipal vote la répartition de cette enveloppe lors d’une délibération. Il peut décider de réduire l’indemnité du maire pour augmenter celle d’un adjoint, à condition de rester dans le plafond global.

Conseillers municipaux délégués : un cas à part

Dans les communes de 10 000 habitants et plus, des conseillers municipaux non adjoints peuvent recevoir une indemnité de fonction s’ils disposent d’une délégation. Le montant est prélevé sur la même enveloppe. Dans les communes plus petites, la marge de manoeuvre est plus réduite.

Élus municipaux réunis autour d'une table pour analyser les barèmes de rémunération des maires et adjoints

Loi du 22 décembre 2025 : ce qui change concrètement pour le mandat 2026

La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 ne se limite pas à un ajustement de barème. Elle crée un véritable statut de l’élu local avec un volet protection sociale qui n’existait pas sous cette forme.

Trois changements concrets à retenir :

  • Un régime structuré de protection sociale (arrêts maladie, maternité, retraite) est désormais prévu pour les élus, avec des droits inspirés de ceux de la fonction publique territoriale. Cette couverture s’applique dès le renouvellement municipal de 2026.
  • La modulation des indemnités d’adjoints et de conseillers délégués peut désormais tenir compte des responsabilités réellement exercées, de la charge de travail et de la présence aux instances. La délibération sur l’enveloppe indemnitaire doit intégrer ces critères.
  • L’articulation entre indemnité de fonction et revenu d’activité (salarié ou indépendant) est clarifiée, avec des règles de cumul et de maintien de droits sociaux mieux définies qu’auparavant.

Ce dernier point intéresse particulièrement les maires et adjoints qui exercent une activité professionnelle en parallèle de leur mandat.

Simulateur d’indemnités des élus : comment vérifier un montant

Plusieurs centres de gestion départementaux et l’Association des Maires de France proposent des simulateurs en ligne. Le principe est toujours le même : vous entrez la population de la commune, la fonction exercée (maire, adjoint, conseiller délégué), et le simulateur applique le barème légal pour afficher le montant brut maximal.

Avant de vous fier à un résultat, vérifiez deux paramètres :

  • La valeur du point d’indice utilisée par le simulateur doit correspondre à celle en vigueur au 1er janvier 2026 (indice brut 1027 valorisé à 4 110,52 euros mensuels).
  • Le simulateur doit distinguer le montant plafond du montant réellement voté par le conseil municipal. Le plafond légal n’est pas automatiquement le montant perçu.
  • Les éventuelles majorations (commune anciennement chef-lieu de canton, commune siège de bureau centralisateur) doivent être prises en compte séparément.

Un simulateur fiable affiche toujours la date de mise à jour de ses barèmes. Si cette date est antérieure à janvier 2026, les montants sont obsolètes.

Le montant inscrit sur un simulateur reste indicatif. Seule la délibération du conseil municipal, prise dans les limites du CGCT, fixe l’indemnité effectivement versée. Pour les communes de moins de 1 000 habitants, le taux maximal s’applique de droit sauf décision contraire du conseil, une disposition introduite par la loi Engagement et proximité de 2019.

Ne manquez rien