Le 1er janvier est un jour férié, mais pas un jour de fermeture obligatoire pour tous les commerces. Le cadre juridique français distingue nettement le 1er mai, seul jour férié où le repos est imposé par le code du travail, des autres jours fériés comme le Jour de l’An. Trouver un magasin ouvert le 1er janvier relève donc moins du hasard que d’une connaissance précise des dérogations sectorielles et des pratiques locales.
Dérogation alimentaire et article L3132-13 : le levier juridique des commerces ouverts le 1er janvier
Les commerces de détail alimentaire bénéficient d’une dérogation de plein droit pour ouvrir les dimanches et jours fériés jusqu’à 13 heures, sans autorisation préalable, en vertu de l’article L3132-13 du code du travail. Cette disposition couvre les boulangeries, boucheries, primeurs, supérettes et rayons alimentaires des grandes surfaces.
Pour les surfaces de vente de plus de 400 m², la loi du 6 août 2015 impose une majoration minimale de 30 % des heures travaillées le dimanche matin. Ce surcoût salarial explique pourquoi certaines enseignes choisissent de rester fermées le 1er janvier alors qu’elles en auraient légalement le droit.
En pratique, nous observons que la plupart des supermarchés qui ouvrent un 1er janvier limitent leur plage horaire à la matinée, souvent de 9 h à 12 h 30. Les hypermarchés, eux, arbitrent au cas par cas selon la zone de chalandise et le volume d’affaires attendu.

Magasin ouvert 1er janvier : les enseignes alimentaires à privilégier
Le réflexe le plus fiable reste la supérette de quartier. Les enseignes comme Franprix, Carrefour City, Monop’ ou Casino Shop ouvrent fréquemment le matin du 1er janvier, précisément parce que leur modèle repose sur le dépannage de proximité. Leur format urbain, souvent inférieur à 400 m², leur permet d’échapper à la majoration salariale obligatoire, ce qui rend l’ouverture économiquement viable.
Les grandes surfaces alimentaires (Leclerc, Carrefour, Auchan, Intermarché) n’ont pas de politique nationale uniforme. Chaque directeur de magasin décide localement de l’ouverture, en fonction des accords d’entreprise et de la demande locale. Nous recommandons de vérifier directement sur le site de l’enseigne ou via Google Maps, qui affiche les horaires spéciaux des jours fériés quand le commerçant les a renseignés.
- Boulangeries artisanales : souvent ouvertes le matin du 1er janvier, car la vente de pain bénéficie de la dérogation alimentaire et la demande reste forte après le réveillon.
- Épiceries indépendantes et commerces de bouche : leur statut de petit ERP de 5e catégorie allège leurs contraintes administratives, et beaucoup choisissent d’ouvrir pour capter la clientèle de dernière minute.
- Stations-service avec espace boutique : ouvertes toute l’année, elles proposent un rayon alimentaire restreint mais suffisant pour un dépannage (boissons, produits frais basiques, pain de mie).
- Enseignes de surgelés (Picard, Thiriet) : certaines ouvrent le matin, avec un créneau court. Le surgelé constitue une solution sous-estimée pour reconstituer un stock alimentaire rapidement.
Commerces non alimentaires ouverts le 1er janvier : ce que dit la réglementation
En dehors de l’alimentaire, l’ouverture un jour férié dépend des arrêtés préfectoraux, des conventions collectives et du volontariat des salariés. Le 1er janvier n’est pas un jour de repos obligatoire (contrairement au 1er mai), mais la plupart des enseignes de textile, d’électroménager ou d’ameublement restent fermées faute de personnel volontaire et de flux client suffisant.
Les zones touristiques internationales (ZTI) et les zones commerciales classées font exception. Dans ces périmètres, les commerces disposent de dérogations permanentes au repos dominical et aux jours fériés. Paris, Lyon, Marseille, Nice ou Bordeaux comptent plusieurs ZTI où des enseignes non alimentaires ouvrent le 1er janvier, notamment dans les grands centres commerciaux.
Jardineries, bricolage et culture
Les jardineries bénéficient d’une dérogation sectorielle historique qui leur permet d’ouvrir dimanches et jours fériés. Truffaut, Jardiland ou Gamm Vert ouvrent régulièrement le 1er janvier, avec des horaires réduits. Les enseignes de bricolage (Leroy Merlin, Castorama) adoptent une approche variable selon les magasins, sans politique nationale systématique.
Les librairies et magasins culturels (Fnac, Cultura) ferment majoritairement, sauf dans les ZTI ou les centres commerciaux couverts par un accord local.

Simplification administrative pour les petits commerces : impact du décret de novembre 2025
Le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025 a modifié les obligations des petits commerces classés en ERP de 5e catégorie sans locaux à sommeil. Ces établissements (épiceries de quartier, petites supérettes, boutiques de proximité) ne sont plus soumis à la procédure classique d’autorisation d’ouverture au titre de la sécurité incendie ni aux visites périodiques de la commission de sécurité.
Une simple description succincte des travaux transmise au maire suffit désormais. Cette mesure réduit la charge administrative pesant sur les commerces de proximité susceptibles d’ouvrir le 1er janvier. Pour les consommateurs, cela signifie potentiellement davantage de petits commerces capables d’ouvrir rapidement lors des jours fériés, sans délai lié à une procédure d’autorisation.
Vérifier les horaires d’un magasin ouvert le 1er janvier : méthode fiable
Les listes d’enseignes publiées en ligne sont rarement exhaustives et souvent obsolètes dès le lendemain. La méthode la plus sûre combine deux vérifications.
- Google Maps : rechercher le magasin par nom et consulter la section « horaires spéciaux ». Les commerçants qui renseignent leur fiche Google y indiquent les modifications liées aux jours fériés.
- Appel téléphonique ou répondeur : beaucoup de magasins mettent à jour leur message vocal avant les fêtes avec les horaires du 1er janvier.
- Pages Facebook ou Instagram du magasin local : les gérants de supérettes et boulangeries y publient souvent leurs horaires fériés la veille ou l’avant-veille.
Les applications de géolocalisation commerciale (Bonial, Tiendeo) agrègent les horaires déclarés par les enseignes partenaires, mais ne couvrent pas les commerces indépendants. Croiser au moins deux sources reste la seule garantie de ne pas se retrouver devant un rideau baissé.
Le 1er janvier, la priorité va aux commerces alimentaires de proximité, protégés par une dérogation légale solide. Les grandes surfaces restent un pari local. Et pour le reste, les ZTI constituent le filet de sécurité le plus prévisible dans les grandes agglomérations.

